'Raconte un peu – Tell me more-خبّرنا شوي...
Sep 4, 2026 · 30 min · 11 segments
Est-ce une illusion d'opposer la résilience à la réalité d'une ville qui s'affaisse ? Dans cet épisode, Sandra et Pauline reçoivent l'écrivain et politologue **Camille Ammoun** pour échanger autour…
Camille AmmounGuestSandraHostPaulineHostC'est un roman fictionnel assez court de 48 pages avec euh des photos à l'appui et c'est un portrait de Beyrouth où la marche devient une manière de disons de cartographier la crise.
Le titre en lui-même « Subsidence », c'est un terme qui est assez peu entendu alors que les Libanais ont l'habitude justement d'écouter à la longueur de journées le terme de résilience.
Et pourquoi justement avoir choisi ce thème de subsidence pour raconter l'effondrement d'une ville ? Votre livre a été donc édité chez Terre Urbaine et notamment sous la collection Dérives urbaines donc quand même autour de l'effondrement de la ville de Beyrouth n'est-ce pas?

Ce n'est pas très optimiste comme vision de Beyrouth ni du monde effectivement hein.

Cette réaction qui m'a fait ramener le concept de subsidence dans les sciences humaines, c'est une réaction à cette injonction de la résilience pendant toutes les crises qu'on a traversées depuis 2019 et en fait depuis 1975 si on y pense successives.

Mais non t-tous les Libanais surtout après le quatre août ont commencé à dire: Non, nous ne sommes pas résilients arrêtez de dire que nous sommes résilients ».

Et donc comme je travaille aussi sur les questions urbaines de changement climatique, le terme de subsidence —c'est normal que vous ne l'ayez pas entendu parce que c'est un terme technique qu'on utilise en géologie pour parler d'un affaissement irréversible des sols—.

Donc quand le sol s'affaisse de manière irréversible avec toutes les conséquences que ça a pour les infractu-infrastructures, les villes, les hommes en surface, on appelle ça la subsidence.

Et donc je me suis dit que j'allais proposer [inaudible] dans ce petit ouvrage, c'est plutôt u-une nouvelle plutôt qu'un roman en fait, c'est très court.

Je propose de faire passer la subsidence donc du, de, des sciences dures de la géologie aux sciences humaines.

Mais comme la résilience en son temps aussi est passée des sciences du-dures aux sciences humaines ; la résilience vient de la physique et un matériau résilient, c'est un matériau qui reprend sa forme initiale après un choc e-et c'est exactement ce que Beyrouth et les beyroutins ne sont pas ils ne sont pas en train de reprendre leur forme initiale après la série de chocs qu'ils sont en train de vivre.

Par contre oui, ils s'affaissent de manière progressive lente un peu plus après cha-chaque s-, chaque choq-.

Donc c'est pour ça que je parlerais plus d'affaissement que d'effondrements, mais un affaissement à tous les niveaux du corps social, de l'individu, de l'économie ,de la gouvernance politique Il y a un, un, une sorte de déhitement ou d'affaissement gros de subsidence de, de Beyrouth dans, dans tous les sens dans lesquels la ville peut être approchée Au niveau humain, au niveau urbain, au niveau économique, politique et même individuel.

D'ailleurs, je présentais cette, ce concept à l'Association libanaise de psychanalyse, euh, de subsidence dans une conférence il y a quelques années.

Et, euh, les psychanalystes m'ont dit, m'ont répondu que i-le concept existe en psychanalyse et qu'on appelle en psycana-, ça, c'est ce qu'on appelle en psychanalyse une adaptation pathologique.

Et donc en réfléchissant et en rebondissant sur cette idée d'adaptation pathologique et de subsidence, je suis revenu de ce concept avec ce concept de psychanalyse, d'adaptation pat-pathologique à l'infrastructure urbaine.
C'est un roman fictionnel assez court de 48 pages avec euh des photos à l'appui et c'est un portrait de Beyrouth où la marche devient une manière de disons de cartographier la crise.
Le titre en lui-même « Subsidence », c'est un terme qui est assez peu entendu alors que les Libanais ont l'habitude justement d'écouter à la longueur de journées le terme de résilience.
Et pourquoi justement avoir choisi ce thème de subsidence pour raconter l'effondrement d'une ville ? Votre livre a été donc édité chez Terre Urbaine et notamment sous la collection Dérives urbaines donc quand même autour de l'effondrement de la ville de Beyrouth n'est-ce pas?

Ce n'est pas très optimiste comme vision de Beyrouth ni du monde effectivement hein.

Cette réaction qui m'a fait ramener le concept de subsidence dans les sciences humaines, c'est une réaction à cette injonction de la résilience pendant toutes les crises qu'on a traversées depuis 2019 et en fait depuis 1975 si on y pense successives.

Mais non t-tous les Libanais surtout après le quatre août ont commencé à dire: Non, nous ne sommes pas résilients arrêtez de dire que nous sommes résilients ».

Et donc comme je travaille aussi sur les questions urbaines de changement climatique, le terme de subsidence —c'est normal que vous ne l'ayez pas entendu parce que c'est un terme technique qu'on utilise en géologie pour parler d'un affaissement irréversible des sols—.

Donc quand le sol s'affaisse de manière irréversible avec toutes les conséquences que ça a pour les infractu-infrastructures, les villes, les hommes en surface, on appelle ça la subsidence.

Et donc je me suis dit que j'allais proposer [inaudible] dans ce petit ouvrage, c'est plutôt u-une nouvelle plutôt qu'un roman en fait, c'est très court.

Je propose de faire passer la subsidence donc du, de, des sciences dures de la géologie aux sciences humaines.

Mais comme la résilience en son temps aussi est passée des sciences du-dures aux sciences humaines ; la résilience vient de la physique et un matériau résilient, c'est un matériau qui reprend sa forme initiale après un choc e-et c'est exactement ce que Beyrouth et les beyroutins ne sont pas ils ne sont pas en train de reprendre leur forme initiale après la série de chocs qu'ils sont en train de vivre.

Par contre oui, ils s'affaissent de manière progressive lente un peu plus après cha-chaque s-, chaque choq-.

Donc c'est pour ça que je parlerais plus d'affaissement que d'effondrements, mais un affaissement à tous les niveaux du corps social, de l'individu, de l'économie ,de la gouvernance politique Il y a un, un, une sorte de déhitement ou d'affaissement gros de subsidence de, de Beyrouth dans, dans tous les sens dans lesquels la ville peut être approchée Au niveau humain, au niveau urbain, au niveau économique, politique et même individuel.

D'ailleurs, je présentais cette, ce concept à l'Association libanaise de psychanalyse, euh, de subsidence dans une conférence il y a quelques années.

Et, euh, les psychanalystes m'ont dit, m'ont répondu que i-le concept existe en psychanalyse et qu'on appelle en psycana-, ça, c'est ce qu'on appelle en psychanalyse une adaptation pathologique.

Et donc en réfléchissant et en rebondissant sur cette idée d'adaptation pathologique et de subsidence, je suis revenu de ce concept avec ce concept de psychanalyse, d'adaptation pat-pathologique à l'infrastructure urbaine.
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