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David Rigoulet-Roze

David Rigoulet-Roze

Journalist

Jul 13, 2026

Salia BracchiaHOST
0:42
Même pas ?
0:42
En fait, ils peuvent prendre le contrôle, ils ne peuvent pas le tenir.
0:46
Et c'est très bien dit par Gérald Luttard, c'est parce que le prix à payer, pour reprendre l'expression en français, c'est le prix du sang.
0:51
C'est-à-dire que regardez le chenal, il fait côte à côte cinquante, le chenal, il fait trente kilomètres, côte à côte, vous avez cinquante kilomètres.
0:57
Pour se positionner là et se dire qu'en mollissant les défenses iraniennes le long de la côte du Panama, ça ne marchera pas parce que les Iraniens peuvent tirer depuis l'intérieur de leur territoire des missiles, des drones, etc.
Salia BracchiaHOST
4:06
Si Donald Trump était victime d'un attentat commandité par l'Iran, que ferait son vice-président ?
4:11
C'est une excellente question et ça, c'est la citation que vous donniez tout à l'heure de Donald Trump qui parle de ces milliers de missiles prépositionnés qui ravageraient l'Iran.
4:19
Ce serait entre les mains de l'homme qui est derrière vous, J.D. Vance, qui pour le coup, quand on dit que le régime iranien est divisé, il faut savoir qu'il y a différents courants autour de Donald Trump.
2:00
David Rigoulet-Roze.
2:01
Oui, il est fétichiste des tarifs douaniers, donc ce n'est pas forcément surprenant.
2:06
Mais au regard de ce qu'il reproche aux Iraniens, ce n'est pas forcément aisément vendable, si j'ose dire, a fortiori par rapport à des pays qui veulent maintenir le principe de la libre circulation sans frais de gestion ou droit de péage.
2:22
Mais ça, c'est du Donald Trump.
2:23
Évidemment, c'est l'idée que s'il prend la responsabilité de libérer le détroit, il veut obtenir un gain financier.
2:31
Il y avait ça par rapport à l'OTAN en Europe.
2:34
Il y a l'idée de la charge financière qui doit être compensée par effectivement une rétribution, on va dire.

17 MINS LATER

19:13
Pourquoi vous dites ça ?
Salia BracchiaHOST
3:47
Il fallait vérifier, inspecter l'appareil pour voir s'il n'y avait pas d'ennuis.
3:49
Oui, ça va de soi.
3:50
Donc, il a été démonté intégralement.
3:53
Il fallait vérifier qu'il n'y ait pas de système installé qui serait préjudiciable à la sécurité présidentielle.
3:58
Ça, ça paraît évident.
4:00
Ça n'enlève rien au fait qu'il y avait manifestement eu un niveau de sécurité par ailleurs qui était insuffisant.
4:06
Mais en tout cas, il y avait une vérification qui était obligatoire.
Salia BracchiaHOST
5:32
Dans le Doubs aujourd'hui, est-ce Trump qui est influencé par Netanyahou dans sa politique vis-à-vis de l'Iran ou est-ce Netanyahou qui doit s'adapter à la stratégie de Trump ? David.
25:54
Donc là, est-ce que c'est parce qu'il a été rattrapé par l'aile la plus dure qu'il a été obligé de le faire ?
25:58
De toute façon, Mojtaba, c'est un candidat des Gardiens à la base.
26:01
Euh quand il a été validé dans son rôle de guide suprême, à supposer qu'il soit toujours en vie, euh son— on n'a pas confirmation.
26:09
En tout cas, c'était clairement le candidat des Gardiens, à tel point que normalement, quand il y a une succession qui est faite sur le guide suprême, ça doit être avalisé par ce qu'on appelle l'Assemblée des experts, quatre-vingt membres.
26:18
Et il se trouve que Vaïdi, notamment le chef des Gardiens et son entourage, ont fait des pressions, même physiques, sur certains membres de l'Assemblée des experts pour valider une candidature qui faisait loin, très loin euh, d'être unanime, euh juste de faire l'unanimité, justement parce que pour deux raisons.
26:34
D'abord, il n'est pas ayatollah.
26:36
Donc c'est pour ça que j'évoquais cette question tout à l'heure.

18 MINS LATER

44:28
La question de Jean dans le Rhône : le risque d'attentat annoncé par Israël ne serait-il pas une manipulation pour inciter Donald Trump à reprendre les bombardements sur l'Iran ?
3:16
Alors, faut-il croire en une reprise des négociations ? La réponse de David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient.
3:22
Ça va dépendre très largement du comportement des Iraniens.
3:25
Savoir s'ils vont valider une logique escalatoire ou pas, puisqu'ils ont dit qu'à chaque attaque américaine, ils répondraient deux fois plus.
3:32
Est-ce que les Iraniens vont accepter de cesser les contorrepliques ? C'est toute la question.
3:37
Le problème, c'est que les Iraniens ne savent pas s'arrêter.
3:39
Et il se trouve que Donald Trump est un peu piégé parce qu'il risque d'être entraîné dans une logique d'escalade si les Iraniens ne stoppent pas maintenant.
3:47
Le problème, c'est que là, en plus, c'est pas les Iraniens en tant que tels, c'est même pas les négociateurs, puisque là, en l'occurrence, c'est la marine des gardiens de la Révolution qui contrôle le détroit, qui n'est pas forcément alignée sur la logique de négociation de Mohammed Ali Baf et Abbas Araghchi.
0:02
Pourquoi l'Iran, qui a obtenu beaucoup, joue-t-il le désordre dans la région ?
0:07
C'est une bonne question.
0:09
Euh, moi, j'aurais un peu ce qu'avait dit Dali-David à un moment donné.
0:12
Est-ce que le pouvoir central a la main sur toutes les autorités en Iran ? Et est-ce qu'il y a pas des autorités régionales capables de mettre le désordre pour différentes raisons ? Euh, parce qu'effectivement, l'autorité centrale ne s'applique plus.
0:23
Et c'est peut-être une explication.
0:25
Mais autrement, ce n'est pas très cohérent.
2:04
David Rigoulet-Rose, est-ce que c'est pire pour la population iranienne ? Est-ce que la situation d'aujourd'hui est pire que celle d'avant-guerre ?
2:10
Alors, sur le plan politique, elle est, euh, elle est, oui, presque pire.
4:33
C'est important de faire le distinguo entre les deux ?
4:35
C'est important parce que c'est, il y a, y a un statut particulier.
4:38
C'est une armée parallèle.
4:39
C'est celle qui est censée défendre le régime.
4:42
Euh et il se trouve qu'il y a, il y a des théâtres qui ne sont pas les mêmes.
4:46
La marine, euh, il en reste plus d'ailleurs.
4:48
La marine, elle a été coulée en tant que telle, ce qu'il y avait.

54 MINS LATER

58:39
David Rigoulet-Roze, est-ce que c'est pire pour la population iranienne ? Est-ce que la situation d'aujourd'hui est pire que celle d'avant-guerre ?
Salia BracchiaHOST
1:45
Vous, vous êtes d'accord ?
1:46
Oui, oui, c'est, il y a-- en fait, on est un peu dans l'attente de, de ce que j'appelle le, un moment thermidorien, comme à la fin de la Révolution du processus avec Robespierre, où les tensions sont tellement fortes qu'effectivement, pour, euh, pour avancer, il faut qu'il y ait quelque chose qui se passe entre les ultras et les pragmatiques.
2:01
Euh, et la solution ne pourra venir que de l'intérieur.
2:04
De toute façon, c'est évident, parce que traditionnellement, les, les solutions en Iran viennent de l'intérieur, toujours.
Salia BracchiaHOST
3:06
Sait-on où et comment l'Iran a stocké ces fameux quatre cent quarante kilos d'uranium enrichi ?
3:10
Ben c'est justement l'enjeu du retour des inspecteurs et de Rafael Grossi qui, qui justement dit que c'est un impératif de pouvoir aller voir, faire l'état des lieux, déjà, à l'issue des bombardements qui ont, qui ont eu lieu en juin dernier, enfin de l'année précédente, et puis de voir où se trouve euh-- parce que dans, dans le protocole d'accord, il y a normalement une, une demande qui est faite aux Iraniens de localisation, justement, des, des stocks en question, et donc de donner les, les éléments d'information nécessaires à ces inspections.
10:19
Est-ce que c'est à leur avantage ?
10:21
Oui, oui, c'est un avantage, mais c'est effectivement, il faut qu'ils soient quand même prudents parce qu'ils ont fait des erreurs hein.
10:27
Et quand on évoque aujourd'hui le recours éventuellement à des psychologues pour par rapport à l'art du deal, c'est vraisemblable parce qu'ils ont fait des erreurs en juin deux mille vingt-cinq.
10:35
Ils pensaient pas que Donald Trump frapperait.
10:38
Et donc, et donc ça, c'est une vraie erreur.
10:39
J'évoque souvent la métaphore des jeux d'échecs dont, dont on attribue l'invention aux Iraniens.
10:47
Ce qui, ce qui est avéré aujourd'hui, c'est qu'à l'issue du, du, de la guerre, ils ont fait ce qu'on appelle un pat.

32 MINS LATER

42:37
Le but, c'est que ce soit prolongé et peut-être que moi, je peux continuer à jouer avec les ambiguïtés de cet accord ou est-ce que son intérêt, c'est carrément la reprise de la guerre ?
1:24
Clinton avec l'affaire Lewinsky.
1:25
C'est ça.
1:27
À ce point chaotique, peut-être pas.
1:29
Chaotique, non, mais très troublée, oui, effectivement.
2:43
Mais oui, c'est très important de le souligner.
2:46
Pardon.
2:48
Non, mais c'est le paradoxe de la situation.
2:49
Il a parié là-dessus pour tenir par rapport à l'Iran.
16:27
On n'a pas encore parlé de lui, évidemment, qui jouera un rôle dans l'accord.
16:31
Bah en tout cas, il, justement, lui, il est, il considère qu'il n'en joue pas assez de rôle.
16:36
C'est pr-, c'est, c'est ça le problème.
16:37
C'est-à-dire qu'il a été mis de côté et donc c'est ce qui souligne, c'est ce qui fait que on évoque une, des tensions très fortes qui sont réelles, qui sont réelles.
16:46
Parce que même si initialement, il y avait une convergence, on va dire, dans les buts de guerre supposés, au fur et à mesure des semaines, il y a une divergence dans la stratégie à adopter pour parvenir à ces supposés buts de guerre, en l'occurrence sur le nucléaire notamment.
17:00
Et dans le protocole d'accord, il semblerait qu'il y ait des points quand même très sensibles pour les Israéliens qui, qui ne seraient pas évoqués.
17:05
Je mets le conditionnel parce qu'encore une fois, c'est du spéculatif, on n'a pas les termes.

42 MINS LATER

59:21
Mais oui, c'est très important de le souligner.
0:16
C'est un peu ce que vous disiez tout à l'heure.
0:18
Ce que je disais tout à l'heure, ils jouent de, de manière similaire en fait.
0:22
C'est, c'est la première fois qu'il y a une forme de, de coïncidence des temporalités qui n'existait pas au début.
0:26
Effectivement, et, et donc la question, c'est quel est celui qui est prêt à aller le plus loin pour tenir ? Parce que le, le point, le tipping point, le point de bascule, c'est ça.
0:35
Est-ce qu'il y a un moment l'un des deux va considérer que c'est plus tenable et rendre les armes entre guillemets de manière métaphorique pour le coup, mais avec des conséquences qui seraient effectivement considérables dans le cadre d'un processus de négociation, euh, à ce moment-là formaté différemment.
4:30
Le président iranien.
4:31
Le président iranien, il a très peu de contacts de toute façon et c'est, c'est filtré par les, le corps des gardiens de la Révolution.
4:37
Et, et il y a une dévaluation de la figure.
4:42
Des deux côtés.
4:43
Des deux côtés, parce que Donald Trump est en train d'assumer manifestement quand même, de s'inscrire dans la durée en pensant que le blocus, qui est efficace, euh, qui est efficace et pour un certain nombre de raisons, est préférable à des frappes militaires qui finalement n'ont pas fait plier le régime.
5:00
Et puis, du côté du régime, il y a une notion d'urgence qui est nouvelle, c'est que le régime est confronté non pas seulement à un déficit d'exportation, donc de ressources financières, mais à des, à des effets de saturation de stockage.
5:14
C'est-à-dire que le pétrole, qui ne peut pas être exporté, environ un virgule cinq million, est mis effectivement un peu en fonction des possibilités qui s'offrent.
5:23
Et il y a des échéances assez courtes en réalité, y compris pour les Iraniens.
5:27
Parce que s'il y a une saturation, il y a le risque de fermeture de puits et c'est très difficile de les rouvrir après.

21 MINS LATER

26:43
Est-ce que ça, ça peut fragiliser le régime ?
26:46
Ce qui peut fragiliser le régime, c'est, euh, l'argent.

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