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Mathieu Plane

Mathieu Plane

Economist

Sep 3, 2026

0:51
Philippe, en Charotte-Maritime : Est-ce parce qu'un État est considéré comme moins solvable que les taux d'intérêt des emprunts augmentent ?
1:00
Oui, euh, en partie.
1:01
C'est ce qu'on appelle la prime de risque.
1:02
C'est que c'est pas qu'il est moins solvable, c'est qu'il est plus risqué.
1:05
C'est-à-dire que si la France aujourd'hui s'endette à un peu plus de quatre pour cent et que l'Allemagne est à trois virgule trois, trois virgule quatre, c'est qu'on considère que la France a plus de risques de ne pas rembourser sa dette que l'Allemagne.
1:16
Ça veut pas dire qu'elle va pas rembourser, mais en fait, vous avez une corrélation entre ce que, le taux d'intérêt et le risque, a priori.
1:23
Sur l'histoire de la France qui s'est déclassée, et ça, c'est quand même, euh, c'est vrai qu'on l'a dit, Dominique le disait en début d'émission, c'est un coup dur pour la France parce que l'Italie était vue comme vraiment le mauvais élève budgé-- je parle même pas de la Grèce, du mauvais élève budgétaire, c'est-à-dire croissance faible, fort vieillissement, une dette très élevée.
3:51
C'est-à-dire que quand on va aller sur les marchés en disant : il me faut cent cinquante milliards, on dit non.
9:33
Pourquoi des gens qui connaissent autant le sujet partagent avec nous cette inquiétude ?
9:38
Alors, il y a une grande différence par rapport à deux mille huit, c'est que deux mille huit, c'était le crédit privé, les banques.
9:44
Alors après, ça s'est généralisé, mais c'est parti du cœur du crédit privé, les maisons, etc.
9:50
Là, on parle des dettes souveraines.
9:51
Mais vous avez utilisé, le montrez juste tout à l'heure, le mot cocktail.
9:57
Le mot cocktail, c'est qu'on a rarement eu autant en même temps sur la planète de crises géopolitiques, géoéconomiques et d'interactions.
10:07
Un Donald Trump dont on ne sait absolument pas ce qu'il va faire, il faut lire son prochain tweet qui démentira le suivant.

36 MINS LATER

46:12
Je m'arrête sur ce que vous dites à l'instant, c'est-à-dire que toutes les mesures-là qu'on a évoquées dans ce reportage ne sont pas pour renflouer la dette.
2:07
Est-ce que ça vaut aussi pour certains budgets qu'on reconduit à l'identique par rapport à l'année précédente ?
2:13
Alors c'est vrai qu'il n'y a pas une définition très claire hein, d'une année blanche, euh, pour tout dire.
2:19
Euh, c'est vrai quand on parle d'année blanche, l'idée est de dire finalement, on ne va pas augmenter tout ce qui est indexé, c'est-à-dire toutes les prestations sociales, notamment les retraites, les minimas sociaux, les allocations logements, les allocations familiales, tout ce qui normalement doit être revalorisé comme l'inflation.
2:38
Ben l'idée de l'année blanche, c'est dire on désindexe, c'est-à-dire qu'on ne va pas augmenter ces prestations comme l'inflation.
2:43
Ce qui veut dire que finalement, le gouvernement fait des économies parce qu'il n'augmente pas comme l'inflation l'ensemble de ses prestations.
2:50
Il faut savoir que l'ensemble des prestations dites indexées, alors c'est jamais très clair hein, sur, sur le montant exact, mais on est à peu près autour des cinq cent milliards d'euros.
3:00
Donc, vous voyez, quand vous avez à peu près deux pour cent d'inflation, ce qui risque d'être cette année l'augmentation d'inflation, alors si vous augmentez de deux pour cent l'ensemble des prestations, donc des cinq cent milliards, vous avez tout de suite dix milliards de plus.
6:41
Qu'est-ce que cela dit, Mathieu Plane, de l'état des finances de la France ou plutôt de la façon dont sont considérées les finances de la France par les marchés, si tant est que les marchés considèrent quoi que ce soit ? Et comment cette hausse pèse à son tour sur le budget ?
102:53
Politiquement, est-ce que tout ça est audible à, à huit mois d'une présidentielle ?
102:58
Ben ça va être toute la difficulté du, du débat budgétaire, hein.
103:03
On voit que réduire les déficits, c'est toujours un exercice compliqué.
103:08
C'est-à-dire qu'il faut soit faire des économies, hein, soit sur de la dépense sociale, soit sur certains ministères, euh, soit sur des collectivités locales, ou alors il faut augmenter les, les impôts, hein, que ce soit sur les ménages ou les entreprises.
103:21
Donc c'est, c'est, c'est jamais sympathique.
103:24
Et donc il faut trouver, euh, j'allais dire, des mesures qui soient consensuelles.
103:29
Or, aujourd'hui, vous avez raison, le problème, c'est qu'il y a pas de consensus, il y a pas de compromis sur les bonnes mesures à prendre.
104:54
Euh, est-ce que ce sera, d'après vous, un thème majeur de la prochaine campagne, quels que soient les partis ?
3:58
C'est toujours l'autre qui est riche.
3:59
Oui, alors pourquoi ? Pour des raisons simples, c'est qu'en général, on fréquente des gens du milieu social à peu près équivalent.
4:05
Et donc on a, en comparaison, souvent, on est un peu faussé, c'est-à-dire qu'on ne connaît pas vraiment la réalité du terrain.
4:10
C'est-à-dire que si vous êtes cadre sup dans une banque, vous allez rarement fréquenter la population représentative française.
4:17
Vous allez souvent côtoyer des gens du même milieu social.
4:20
Et donc, c'est vrai que les gens, des fois, ont sous-estiment en fait leur niveau de vie dans la grille globale des salaires.
4:27
Et c'est vrai qu'en réalité, on rentre assez vite dans les dix pour cent des ménages les plus aisés, parce qu'au-delà de trois mille cinq cent euros net par mois, vous êtes déjà dans les dix pour cent de revenus les plus aisés, ce qui est quand même assez considérable, alors même que beaucoup de cadres sont déjà dans ce niveau-là.
5:41
Euh, est-ce que ce n'est pas ça, la fracture française ? C'est plus une fracture patrimoniale qu'une fracture sur le revenu.
speaker_0HOST
0:50
Pourquoi les chiffres du chômage augmentent-ils si fortement ? La perspective d'une récession prochaine ?
0:55
Euh, alors d'abord, on n'a pas la récession encore, hein.
0:58
Les chiffres du chômage augmentent avant la récession.
1:00
Je rappelle, ils augmentent depuis fin deux mille vingt-quatre, donc ça fait à peu près cinq trimestres.
1:03
L'économie française a détruit à peu près cent mille emplois en net, euh, sur un peu plus d'un an.
1:09
Rappelons que post-covid, on a créé autour de un virgule cinq million net d'emplois.
1:13
Donc on avait beaucoup beaucoup de créations d'emplois.
speaker_0HOST
2:58
Quarante secondes.
14:10
Comment peut faire le gouvernement ? Est-ce que là, on est vraiment dans une espèce de corner ?
14:15
C'est un dilemme terrible, euh, terrible.
14:18
On voit bien que d'ailleurs, c'est lié aussi au fait que notre situation budgétaire ne permet pas d'intervenir beaucoup, parce qu'on a beaucoup beaucoup aidé aussi.
14:26
Avant, on était certainement le pays européen qui a, qui a fait le plus lors de la crise énergétique avec la guerre en Ukraine, avec les fameux boucliers tarifaires.
14:33
Là, le problème, c'est que pour le moment, le gouvernement joue la montre.
14:37
Joue la montre en disant : wait and see.
14:40
On espère qu'il y aura un issue au conflit parce que les US aussi ont quand même un problème avec l'inflation, le pouvoir d'achat, ces questions qui sont importantes.

44 MINS LATER

58:24
Qu'est-ce que la stagflation ? Est-ce pire qu'une récession classique ?

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