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Marylène Patou-Mathis

Marylène Patou-Mathis

Zoologist

Sep 9, 2026

2:26
Marilène, tu voulais...
2:28
Oui, parce que je suis tout à fait d'accord justement pour mon précédent livre sur les femmes, c'est évident que j'avais noté que là aussi le langage joue beaucoup, mais je pense qu'il y a quelque chose pour moi qui me paraît fondamental j'en ai déjà esquissé un peu le propos, c'est la hiérarchisation je pense que nous avons Je ne sais pas si c'est qu'en Occident, mais maintenant l'Occident est tellement répandu partout.
2:50
Cette fâcheuse manie de vouloir toujours hiérarchiser.
2:54
Hiérarchisation, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je considère que quelque chose est mieux qu'autre chose, que je suis supérieur et l'autre est inférieur.
3:02
Et de ce fait, on en a parlé tout à l'heure, c'est l'exploitation.
3:05
Maintenant, on ne va pas dire esclaves, on va dire subordonnés, voilà.
3:09
Et ça, cette façon de concevoir les choses, non pas à l'horizontale, mais toujours avec cette verticalité, fait qu'on retombe toujours sur ça.

9 MINS LATER

12:46
Ah
6:50
Je vois que Marie-Hélène, tu as donné apparemment une interview sur France Info et tu soulignes l'importance de l'agriculture qui a changé des choses.
6:57
Ben oui, l'agriculture, même chez ces peuples-là, j'ai beaucoup de discussions avec Philippe Descola, donc pour l'Amazonie, que je connais moins que l'Afrique australe.
7:07
Et c'est vrai que là, il y a un problème parce que c'est justement les grandes cultures, alors là, pour nourrir justement les animaux en Occident ou dans les grandes villes, qui prennent sur la forêt, donc la réduction de l'habitat des animaux sauvages, mais aussi des humains qui y vivaient, et qu'on regrette justement quand on essaye de refaire quelque chose de plus dans l'idée d'un écosystème, on ne laisse pas au peuple autochtone, la gestion de ces territoires.
7:33
Et c'est ça qui est regrettable, parce qu'il y avait un équilibre, et là, qui est complètement cassé par l'arrivée de cette agriculture, ces grands champs pour faire l'huile de bain, pour faire du colza, pour faire tout un tas de choses.
7:45
Et c'est vrai que ça, ça déstabilise complètement les habitats des animaux et des humains qui vivaient.
7:51
Et c'est ça qui est grave aussi, c'est qu'en fin de compte, bien sûr, c'est les animaux, on en parle, c'est portant la souffrance, mais il y a aussi les humains qui vivaient en équilibre C'est pour ça que je pense que c'est proche de ce qu'il devait être chez nous, au paléolithique, parce qu'en plus la démographie était faible et tout, il y avait énormément de gibier, moi j'ai des millions d'os, j'ai énormément de gibier, donc il y avait aussi sans doute un équilibre qui se tenait, et donc tout ça est rompu par l'arrivée justement massive, alors il y a ça, puis il y a aussi...
8:20
Tous ceux qui cherchent les minerais en ce moment, il y a beaucoup de choses aussi, notamment en Guyane, il n'y a pas que l'or, il y a d'autres terrains, etc.

6 MINS LATER

13:59
il y a beaucoup de gens qui me demandent avec beaucoup d'amitié comment ça se fait que je ne suis pas un corps végétarien et je t'avoue que j'ai un vrai pincement et j'y pense de plus en plus alors je voudrais juste te rassurer sur un point c'est pas grand chose mais j'achète plus de viande j'en mange très peu mais j'en mange un corps et je t'avoue que je me sens mal de ça j'ai beaucoup de proches y compris dans l'équipe de Baleine sous Gravillon qui relèvent ce paradoxe je bosse avec beaucoup de jeunes qui ont entre 20 et 30 ans et on en parle et dans mon équipe il y a beaucoup de gens qui sont végés pour lesquels j'ai le plus grand respect la plus grande admiration Ce détail près que j'ai décidé de ne plus acheter de viande depuis longtemps, mais ça m'arrive d'en manger...
6:03
Même la chatte en a pris pour son compte, pour son grade.
6:06
En fin de compte, il faut quand même faire attention.
6:08
Là, on parle du mépris vis-à-vis des animaux.
6:10
Mais il y a quand même eu, à un certain moment de notre histoire, une vénération pour certains animaux.
6:16
Et je pense que là, on ne peut pas non plus le passer sous silence parce que, justement, il ne faut pas essentialiser.
6:21
Ce qui est très important, là, on parle de beaucoup de sociétés différentes.
6:25
Là, on parle beaucoup de l'Occident.
11:27
Tu voulais ajouter quelque chose sur ces histoires de
4:20
Et comment tu te rends compte que les animaux étaient plus ou moins bien traités, justement ?
4:24
Je prends un seul exemple pour éclaircir notre histoire.
4:27
C'est qu'en fin de compte, contrairement à ce qu'on va voir plus tard, on n'a pas d'abattage massif.
4:31
C'est-à-dire qu'en fin de compte, on a toujours quelques animaux dans les campements.
4:35
On n'a pas d'un seul coup un massacre de cent bisons ou cent rennes ou cent mammouths.
4:40
Voilà, il y a vraiment quelque chose où on a un rapport équilibré entre le nombre d'habitants, on va dire de l'abri, de la tente, enfin du campement, et puis les animaux abattus.
4:50
Et ça, c'est quand même déjà une donnée.
8:58
C'est les sangliers.

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