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Frédéric Archaux

Researcher

Jun 21, 2026

12:28
Ouais
12:29
...et ça apparaît pas du tout de manière aléatoire.
12:30
C'est toujours au même endroit des ailes que ça se produit.
12:34
Alors ça, il faut revenir au moment du développement du papillon, au moment du développement embryonnaire, au moment de la chenille et au moment où elle va se transformer en papillon et donc au moment où les ailes vont se constituer.
12:47
Le programme génétique va dans un premier temps indiquer à un endroit très précis de l'aile : là, je vais fabriquer un ocellle.
12:55
Et puis dans un deuxième temps, c'est-à-dire qu'elle va laisser une trace, euh, et le deuxième temps, ça va consister à colorer parce que elles peuvent être très variées.
13:04
On a des espèces où c'est des ocelles assez simples, plutôt en marge de l'aile, c'est-à-dire dans la partie extérieure, qui servent plutôt à détourner l'attention des prédateurs, c'est-à-dire d'attaquer des parties non létales.

15 MINS LATER

28:06
Et on sait bien que les fleurs, on l'a beaucoup vu dans nos séries, Fred, ont complètement su jouer des couleurs.
13:29
Donc bref, je te repose ma question, qu'en est-il chez les plantes de ces histoires de couleurs ?
13:34
On a exactement les mêmes phénomènes que chez les animaux de possibilité d'isolement par la couleur.
13:39
Et on va revenir sur un des points dont on a beaucoup discuté dans des épisodes précédents, c'est la pollinisation.
13:44
C'est-à-dire qu'on a bien vu comment les fleurs attirent des pollinisateurs.
13:48
Et on a vu que selon la couleur, ce n'était pas forcément les mêmes pollinisateurs qu'on attirait.
13:53
Et le lien avec la génétique est encore intéressant, c'est notamment si on s'intéresse aux anthocyanes.
14:00
Alors pourquoi ces anthocyanes ? C'est parce que d'une part, on connaît très bien la chaîne de fabrication de ces anthocyanes et surtout, on sait que simplement par des petites modifications chimiques de ces anthocyanes, la couleur de la fleur va être très différente.
17:38
Comme il s'est passé pour les ours, peut-être.
2:04
En quoi c'est lié à nos histoires de couleurs ?
2:07
Alors jusqu'à présent, Marc, on a beaucoup parlé de certains phénomènes chimiques, physiques, du rythme des saisons, etc.
2:15
Donc, on n'a juste pas du tout parlé finalement du programme qui orchestre tout ça, à savoir la génétique.
2:21
On n'a pas du tout mentionné ou très très peu notre programme génétique, notre ADN.
2:26
Ça, c'est pourtant important parce que les couleurs, ben il faut les produire, il faut pas les produire n'importe où ni n'importe quand.
2:33
On a vu que c'est pas la même chose pour la blanche hermine d'être blanche en hiver que d'être éventuellement blanche en été.
2:39
Et pour ça, il faut faire appel à la façon dont notre patrimoine génétique se transmet d'une génération à l'autre.

15 MINS LATER

17:16
Comment les femelles, elles reconnaissent les bons gènes ?
1:15
Comment se font-ils ?
1:22
Alors, on va rentrer dans le détail, effectivement, de ces changements de couleurs.
1:25
Si tu veux bien, je vais commencer par un temps un tout petit peu intermédiaire entre la semaine qu'on a vue à l'épisode précédent, des changements de quelques jours à une ou deux semaines, à celui d'une année sur l'autre, par exemple.
1:37
Pourquoi je dis ça ? C'est parce que dans les écosystèmes, tu vas t'apercevoir que, par exemple, chez les fleurs, tu as une succession...
1:45
de teintes dominantes des fleurs, qui peut se produire par exemple d'abord des fleurs bleues, puis après des fleurs jaunes, puis après des fleurs blanches.
1:54
Et donc on peut avoir comme cela une succession au cours du temps de différentes couleurs.
1:59
C'est juste pour rappeler que l'environnement chromatique de la végétation, tout de suite on a envie de sauter... à la période automnale, au moment où les feuilles vont changer.

6 MINS LATER

7:49
Alors
14:17
Euh, clair.
14:18
C'est ça.
14:19
En fait, c'est essentiellement associé aux, aux mélanophores, c'est-à-dire à la production de mélanine.
14:25
Et on a vu quand même que cette mélanine, elle est assez incroyable.
14:27
On en avait parlé beaucoup pour le blond, le roux, le noir.
14:30
C'est-à-dire qu'il y a toute une palette de couleurs plus ou moins claires ou foncées, mais qui peut donner aussi une certaine coloration, mais pas du bleu.
14:37
Enfin, voilà, il y a, il y a tout un tas de couleurs, euh, qui ne sont pas produites par la mélanine directement.
16:24
Ce que tu appelles des morphes, juste que pour que chacun nous comprenne, il s'agit juste de différentes couleurs, mais au sein d'une même espèce ou même sous-espèce.
6:53
C'est aussi simple que ça ?
6:55
Alors, c'est aussi simple que ça, si on veut.
6:57
En fait, l'autre différence qu'il y a, c'est que la façon dont les pigments, les cellules pigmentaires sont organisées chez les ectothermes et les endothermes n'est pas la même.
7:07
On a déjà vu à plusieurs reprises, notamment pour le vert, comment une grenouille faisait du vert en mélangeant du jaune et du bleu par des cellules différentes, c'est ce qu'on appelle les chromatophores.
7:18
Chez les ectothermes, donc les animaux à sang-froid, ils ont plusieurs empilements de cellules pigmentaires qui ont des noms qui se rapportent à la couleur du pigment qui est dedans.
7:28
Donc on a les cellules qu'on appelle les xanthophores pour le jaune, on a les érythrophores pour le rouge, on a les mélanophores pour le noir, les cyanophores pour le bleu, qu'on va retrouver par exemple chez des poissons et des amphibiens.
7:43
On a des iridophores qui sont iridescents ou réfléchissants et on a enfin des leucophores qui sont blancs.

8 MINS LATER

15:26
Ça, c'est un truc que j'ai du mal à piger.
0:31
On en a un peu parlé dans le premier épisode, mais toi tu avais mille choses à nous dire sur l'arc-en-ciel par rapport à ces histoires d'irrisation, parce que finalement ça reprend les couleurs de l'arc-en-ciel, une irrisation.
0:41
Jusqu'à présent on avait beaucoup fait appel à Michel Pastoureau parce que cet historien des couleurs nous avait bavé le chemin, nous avait beaucoup renseigné, donné plein plein d'exemples et là effectivement on arrive dans des domaines où malheureusement il n'a pas encore beaucoup écrit dessus donc On est parti nous-mêmes, regardez, et irrisation, iridescence, ça vient de iris, l'arc-en-ciel, donc c'était tout à fait logique d'ailleurs.
1:05
Le mot arc-en-ciel en espagnol, ça dit arco-iris, donc on retrouve exactement cet élément.
1:11
Alors, l'arc-en-ciel, d'un point de vue symbolique pour énormément de peuples, c'est soit un chemin, soit un pont entre le ciel et la terre.
1:20
C'est le cas chez les pygmées en Afrique, en Indonésie, en Mélanésie, chez les Amérindiens, au Japon...
1:27
C'est le chemin emprunté par Iris en tant que messagère entre le ciel et la terre pour les Grecs.
1:33
C'est le pont de Bifrost chez les populations nordiques, c'est-à-dire le chemin tremblant qui permet de rejoindre le royaume d'Asgard.

10 MINS LATER

11:46
Fred, alors là, on vient de parler de tout ce qui concernait l'irrisation dans nos histoires, mais il y a aussi beaucoup de cultures qui entourent la fluorescence.
0:36
Qu'est-ce que c'est ?
0:38
Souvent des bactéries.
0:39
La bioluminescence dans les vagues telles qu'on les voit par chez nous, c'est souvent des bactéries qui, euh, vont créer effectivement de la lumière quand elles sont dans les vagues.
0:48
Alors dans les vagues, il y a plus d'oxygène.
0:50
Donc en fait, on a vu hein toujours l'oxygène qui est nécessaire pour la bioluminescence.
0:54
Et donc elles vont, euh, utiliser ce mouvement-là pour être bioluminescent.
0:59
Mais ce n'est pas tout, c'est-à-dire que elles le font dans des circonstances où elles sont suffisamment abondantes dans le milieu.

9 MINS LATER

10:10
C'est-à-dire qu'en gros, ils, voilà, ils hébergent des bactéries qui font ça pour eux.
3:45
Comment le vivant fait pour créer de la lumière ? [musique mystérieuse]
4:01
Je vais faire un petit détour historique.
4:03
C'est marrant parce que c'est un, un biologiste lyonnais qui s'appelle Raphaël Dubois qui a été le premier à chercher à comprendre comment le ver luisant était capable de produire sa lumière.
4:14
Effectivement, t'as raison de dire que ces espèces-là n'ont pas besoin de l'énergie de la lumière, donc ils n'ont pas besoin des photons pour créer leur lumière.
4:21
Donc, il fallait trouver le mécanisme par lequel le vivant était capable de créer cette lumière.
4:27
Et alors, il a démontré que y avait deux molécules qui devaient interagir.
4:31
Y avait une certaine protéine et une enzyme, c'est-à-dire une autre protéine, qui devaient réagir entre elles pour créer une réaction chimique qui dégage de l'énergie.
8:19
Ouais.
7:25
Alors pour commencer Fred, pourquoi tu parles de la crevette Manspan dans ce chapitre sur la fluorescence ?
7:31
Parce que cette crevette a la capacité d'être fluorescente, sa carapace est fluorescente.
7:37
Mais c'est aussi pour indiquer que la fluorescence est particulièrement répandue dans les océans, plus pratiquement que dans le domaine terrestre.
7:46
Alors ça concerne des cnidaires, on a vu les anémones qui par exemple ont souvent des parties fluorescentes.
7:52
des arthropodes, on vient de parler de la menthe de mer, mais aussi des poissons.
7:56
Et alors, ce qu'il y a d'intéressant avec la fluorescence dans le milieu marin, c'est que, comme tu le sais, la lumière du soleil, elle est captée pour une grande partie des longueurs d'onde dès les tout premiers mètres de profondeur, ce qui fait que finalement, l'eau est bleue en partie parce que les radiations, le rouge, puis le orange, le jaune, etc., vont être captées très très vite dans les premiers mètres de l'eau.
8:19
Donc il ne reste plus que le bleu.
12:34
de scorpions la nuit qui est tout bleu peut-être les auditoristes ont déjà vu ces photos incroyables, il y a des scorpions tout bleus mais attention ils sont vus de nuit, photographiés de nuit ben
7:03
Ce sont les colibris.
7:07
Effectivement, pourquoi les colibris ? C'est parce que ce sont sans conteste chez les oiseaux les espèces les plus colorées qu'ils soient.
7:14
On a pratiquement toute la diversité des coloris qui existent chez les oiseaux, on les trouve réunis chez les colibris.
7:21
Et chez les colibris, il y a une partie qui est pigmentaire, on a vu ça dans les épisodes précédents, mais aussi beaucoup de plumes sont iridescentes et donc avec tous les phénomènes dont on a déjà parlé de diffraction, réflexion, etc., Ce qui fait l'intensité et la variabilité de ces couleurs, c'est le fait que leurs plumes ont un nombre de lits superposés de mélanosomes.
7:45
Les mélanosomes, c'est là où il y a la mélanine.
7:47
Il y a un nombre qui peut aller jusqu'à 6 couches de mélanosomes et qui sont plus ou moins épais ces couches, plus ou moins distantes les unes des autres.
7:55
Et c'est ce qui fait qu'il y a toute cette diversité de coloris.

9 MINS LATER

17:06
Pourquoi tu parles de cette araignée dans ton livre
6:46
Alors est-ce que ça nous éclaire sur comment ça marche ?
6:49
On va prendre l'exemple du pigeon pour comprendre comment la matière crée au niveau du cou la couleur verte ou pourpre.
6:55
Et en fonction de l'angle avec lequel tu vas regarder ce cou, le pourpre ou le vert vont changer.
6:59
On va pas rentrer tellement dans le détail.
7:01
C'est juste pour rappeler que de nouveau, chez le pigeon, comme on avait déjà vu euh, chez le bleu des oiseaux ou les bleus des écailles du morpho, on voit réapparaître la mélanine en particulier, euh, qui va avoir une structure en bâtonnets ou en forme un peu sphérique.
7:18
Aussi, pour rappel, on en a parlé pour la couleur des dinosaures.
7:21
On en, on retrouve la couleur des dinosaures à partir de ces mélanosomes, ces petits organites qui contiennent de la mélanine ou qui peuvent contenir aussi de l'air.
9:18
Pourquoi tu parles de ce pigeon ?

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