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Éric Daniel-Lacombe

Éric Daniel-Lacombe

Architect

Sep 2, 2026

4:06
On en est où de cette place qu'on pourrait, qu'on devrait laisser aux vivants non humains, aux autres espèces ?
4:12
Tu as raison de citer mes confrères, parce que c'est vrai qu'on me fait beaucoup travailler sur l'eau moi en France, un peu au Canada, mais pas mal de mes confrères sont bien plus en avance que les travaux que je mène.
4:22
Je pense, alors c'est pas des confrères exactement architectes, mais je pense à deux paysagistes mondiales disparus aujourd'hui, absolument formidables.
4:32
La première c'est Diana Balmory, qui après l'événement de Sandy, qui avait quand même ravagé par ouragan la ville de New York, Manhattan et les îles autour, était la seule à avoir proposé, non pas une digue, ce qu'on est en train de construire d'ailleurs pour protéger Manhattan, on protège Manhattan par un grand mur de 5 mètres de haut, elle avait proposé de repérer les cartes historiques où le vivant avait sa place.
4:56
Et elle avait retrouvé sur l'île de Boken, à l'ouest de Ludson, un grand bief.
5:01
Un grand bief qui contenait comme ça...
5:03
C'est quoi un bief ? C'est un affluent temporaire, quelque chose quand la mer va trop vite ou le fleuve va trop vite, qu'on est entre les deux, on est dans la rencontre entre le delta et les rivières, quelque chose qui permet de faire une déviation et finalement de garder un peu de quantité d'eau.

15 MINS LATER

20:27
Eric, est-ce que ces mots de vocabulaire qui sont si célèbres aujourd'hui, je pense à la robustesse, je pense à la résilience, je pense à la frugalité, est-ce que tous ces mots, ça transforme les pratiques ou est-ce qu'en gros pas trop ?
1:57
Et je vais commencer
1:58
par le non.
1:58
Parce qu'il y a plusieurs formes d'eau.
2:01
C'est pour ça que je continue à penser que les aléas doivent être compris comme sympathiques, mais surtout être appris.
2:07
Je veux dire, quand je suis l'architecte, après la tempête Alex dans la vallée Tine-Vésubie, l'eau est tellement rapide, elle est tellement forte qu'elle emporte des rochers.
2:17
qui sont plus gros que les maisons.
2:19
Donc là, laisser une maison au bord de l'eau fait en sorte qu'elle disparaît, la maison est arrachée.

9 MINS LATER

11:00
Donc, qu'en est-il ? La question est… Je t'ai trouvé
1:36
Pourquoi, à chaque fois qu'on a une catastrophe en France et d'ailleurs dans le monde, on a tendance à s'isoler encore plus du vivant au sens où je viens de le résumer ?
1:45
Parce qu'on considère tout d'un coup que les aléas ne sont pas sympathiques.
1:49
J'aime bien le terme que tu utilises.
1:51
Je crois que les aléas, il faut qu'ils demeurent sympathiques.
1:54
Voilà la grande question architecturale.
1:57
Si la canicule est trop forte, à un moment les gens la considèrent comme non sympathique.
2:02
D'ailleurs la canicule tue énormément de gens.
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6:44
Ici, un pont cède sous la pression.
15:17
C'est ce qui est à la base de ce que tu essayes de faire et de proposer.
15:22
Le vivant ne fait pas partie de nos vies d'architectes au quotidien.
15:28
Pas assez ? Pas du tout.
15:31
Le vivant ne fait pas partie ni de notre enseignement que j'ai reçu, ni de celui que je donne étant professeur à l'école d'architecture de Paris-Lavillette.
15:41
Non, le vivant n'en fait pas partie, parce que le vivant semble, et quand j'écoute Valérie Masson-Denmotte ou Magali Reguesa, faire partie de données biologiques scientifiques évidentes, et donc c'est mesuré, on voit bien qu'on parle de la sixième extinction, et on se dit que C'est quelque chose qui est, pour le dire simplement, pratiquement au muséum d'histoire naturelle.
16:04
Et donc ça ne fait pas partie ni de notre enseignement, mais surtout pas de notre pratique.
16:10
Pour moi, le vivant, ce n'est pas qu'une donnée biologique, c'est une valeur humaine.

6 MINS LATER

22:19
Mais je referme la petite parenthèse, je me suis mis bien sur le tard, comme toi !
12:22
Il aurait fallu
12:23
falluLes construire ailleurs, donc construire des nouveaux réseaux d'eau, d'électricité, etc.
12:31
Il y en aurait eu pour bien plus cher.
12:32
Je parle même pas de l'expropriation des maisons.
12:34
Juste la reconstruction des nouveaux réseaux aurait coûté plus cher que de défendre.
13:47
Face à cette réalité, Éric Daniel Lacombe revoit alors ses dessins et il écarte la solution classique qui consisterait à construire des digues.
13:55
On a fait des creux et des bosses.
13:57
Ce qui fait que quand l'eau arrive, vous conservez de l'eau dans les creux, donc vous faites de la rétention.

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