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Vincent Hugeux

Vincent Hugeux

French journalist

Sep 8, 2026

0:11
Question de Florent dans le Cher, euh : En sommes-nous arrivés à un stade si critique dans nos relations avec les États-Unis qu'il faille les empêcher de nous dépouiller ?
0:20
Je pense c'est une très bonne question parce que, euh, on, on, on a une évolution de, de effectivement de la prise de conscience.
0:28
Euh, lorsque Trump est revenu, beaucoup de gens en Europe se sont dit : On l'a déjà eu une première fois, on a survécu, on sait comment le contourner, etc.
0:37
On a un Trump différent, beaucoup plus agressif.
0:40
Et, et donc le, le, euh, la, l'idée qu'on pouvait, euh, négocier avec lui, le flatter et obtenir des choses, etc.
0:49
Elle a vécu.
0:50
Et donc aujourd'hui, c'est plutôt la ligne Mark Carney, c'est-à-dire du premier ministre canadien qui l'emporte, qui est de dire non.
3:58
Donald Trump est critiquable, mais concernant l'Iran et Cuba, ces blocus fonctionnent pour étouffer les économies de ces pays autoritaires, non ?
3:44
Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de, de réponse de la France ? Peut-être Vincent Hugeux.
3:47
Bah, parce que sans doute, ce serait lui faire beaucoup d'honneur.
3:50
C'est-à-dire que quand on a ce genre de saillie provocatrice, vous pouvez décider de riposter au premier degré et dans ce cas-là, vous donnez de l'audience et de l'importance à ce qui est peut-être une galéjade.
4:02
En revanche, ce qui peut troubler, c'est que si on estime qu'il s'agit là d'une atteinte, même symbolique, à la souveraineté de la France, ne rien répondre, même sur un mode ironique, est un peu déroutant.
4:14
Vous dites parler d'incontinence.
4:15
Tout à l'heure, on va rester dans le même domaine, l'incontinence.
4:18
On connaissait l'incontinence numérique de Trump avec son réseau Truth Social.

50 MINS LATER

54:31
Mais là, on a évidemment le symbole de Trump au milieu.
1:21
Il nous dira même qu'il est le plus grand de tous les temps.
1:23
Oui, mais d'ailleurs, the greatest, c'est comme ça qu'il se désigne.
1:26
Et ce qui est très intéressant, c'est la deuxième ligne, the great.
1:28
Vous avez d'un côté Abraham Lincoln, qui est l'incarnation de l'abolition de l'esclavage aux États-Unis, avec toutes les ambiguïtés que l'on connaît.
1:34
Et de l'autre côté, vous avez Andrew Jackson, qui est l'un des héros de Trump, septième président des États-Unis et colonialiste et esclavagiste forcené.
1:42
Donc, il y a quand même un petit problème de cohérence.
1:44
Philippe, en Charente Maritime, les Européens n'ont-ils pas raison de ne pas irriter Donald Trump ? Si les États-Unis quittaient l'OTAN seuls face à la Russie, que ferions-nous ?
1:52
Ça serait une, ça serait très difficile.
2:24
Qu'est-ce que ça vous inspire ?
2:26
Que si on nous avait présenté cette séquence il y a cinq ou dix ans, nous aurions tous misé notre quinzaine sur le fait que c'était une création d'intelligence artificielle.
2:36
On a vraiment l'impression que Trump s'ingénie à parfaire son autoportrait en clown tragique de semaine en semaine.
2:43
Le lac Ontario ou lac honte à lui.
2:46
Ce qui est assez frappant quand même dans cette séquence, c'est qu'on a eu le golfe du Mexique qui a été rebaptisé golfe de l'Amérique.
2:53
Là, pourquoi pas demain aller passer un week-end au Mont Saint Donald, au Taj Maga au lieu du Taj Mahal.
3:00
Et puis pourquoi pas aussi d'ailleurs rebaptiser le Groenland le Donald distant, ce serait pas mal dans le tableau.

19 MINS LATER

21:59
Pour qu'on ait de tels détails, c'est que certaines langues sont trop pendues.
2:03
Les démocrates se réveillent-ils enfin ? S'écrie en haute savoie, à la faveur de l'exploitation de cette polémique Nathalie Arp.
2:11
Alors ce qu'on voit, c'est que globalement chez les démocrates, il y a une partie notamment à la gauche des démocrates là qui marche assez bien au niveau des primaires.
2:19
Alors ça, ça reste, c'est en train de se dérouler maintenant pendant les primaires.
2:23
Mais l'un des éléments qui motive aussi beaucoup de démocrates à voter dans les primaires, manifestement, c'est de choisir des candidats qui se positionnent vraiment comme opposants directement à Donald Trump.
2:36
Notamment dans le Michigan.
2:37
Alors voilà, dans le Michigan par exemple, El Sayed, où on le voit aussi dans...
2:43
Alors même pour des plus modérés éventuellement, mais c'est ce qui s'est passé avec Nandani aussi à New York, qui s'est vraiment placé comme comme une alternative.
2:51
Alors pas Nandani ne sera pas président, mais en tout cas comme des des enfin des gens qui vont se battre.
13:52
François Geu.
13:53
Je pense que pour compléter le portrait brossé tout à l'heure par Patricia, il faut absolument avoir à l'esprit la dimension religieuse de cette dévotion à Trump.
14:03
Patricia le rappelait dans cette disposition qui s'appelle Right to try, le droit d'essayer, donc y compris des traitements qui n'ont pas été mis sur le marché et qui sont censés donc permettre de vaincre des affections réputées incurables.
14:17
Et donc elle se considère comme une miraculée.
14:19
Et pour elle, Trump, c'est, on est à mi-chemin entre le roi thaumaturge qui guérit les écrouelles et le Christ.
14:26
C'est une figure christique.
14:27
Elle s'adresse à lui en ces termes-là.

10 MINS LATER

24:00
Presque tous d'ailleurs.
1:55
On ne parle pas de génocide des autochtones.
1:58
Certainement pas.
1:59
Il y a un nettoyage par le vide de toutes les références à la férocité, à la cruauté de l'entreprise de nature coloniale et également du racisme.
2:09
Vous avez une photo absolument légendaire.
2:13
C'est en fait un esclave que l'on voit de dos, le dos strié de coups de fouet qui ont cicatrisé au fil des châtiments et des années.
2:24
Ce type d'image-là, maintenant, est considéré comme obscène par l'administration et doit disparaître des expositions.
2:37
Elle a été retirée par ordre de la Maison Blanche.
2:40
Il y a d'ailleurs un groupe d'historiens afro-américains qui considèrent que ce n'est pas 1776, qu'il faudrait prendre comme année de la naissance de la nation américaine, mais 1619, qui est l'année de l'accostage du premier navire négrier, puisqu'ils considèrent que l'esclavage et le racisme anti-noir sont des piliers de l'épopée américaine.
10:07
Trump dans le texte.
10:09
Autre point commun, une invocation quasiment religieuse d'un ennemi qui est satanisé, donc en l'occurrence ici le communiste, quoique en partie imaginaire.
10:18
Vous avez un lexique, une sémantique qui est parfaitement comparable.
10:22
Les extrémistes, les terroristes, les agents de l'étranger.
10:25
Vous retrouvez ça dans la vulgate poutinienne comme dans le discours MAGA.
10:29
Et puis évidemment, il y a, euh, l'impérium du mensonge perpétuel.
10:34
Et au passage, euh, moi, ce que je perçois, c'est évidemment un dévoiement de la vérité historique.

38 MINS LATER

48:15
On a vaincu les États-Unis.
0:00
[musique de transition] Vous écoutez les réponses des questions envoyées par nos téléspectateurs avec Salia Bracchia.
0:09
C'est un podcast de France Télévisions.
Salia BracchiaHOST
4:11
Vincent, je vous voyais réagir quand on mentionnait l'affaire Epstein.
4:14
Oui, oui, euh, il me semble que la difficulté de l'exercice est que tant que vous avez des rébellions individuelles, euh, je pense à Marjorie Taylor Greene, par exemple, qui, euh, elle, exigeait, comme l'a fait J.D. Vance dans certaines de ses réunions de la Situation Room, qu'on joue la transparence totale.
4:31
C'est-à-dire pas de caviardage, pas de censure, etc.
4:34
Tant qu'il s'agit d'individus qui se rebellent, des félons, comme on va les définir euh, chez Trump, la capacité de, de, de nuisance et d'influence de Trump permet, par exemple, de leur mettre dans les pattes un rival qu'il va adouber et qui va conduire à leur défaite électorale.
4:47
Donc, pour que ça prenne une autre ampleur, il faudrait qu'il y ait une coalition suffisante de rebelles.
4:52
Et à mon in-, à mon humble avis, on n'en est pas encore à ce stade-là.
14:34
Plus dans ces révélations, Alain Bougrain.
14:37
Sur Epstein, la Situation Room, le reste, enfin, je pense qu'effectivement, du moment du Watergate, tout ce petit monde ne s'est pas réuni dans la Situation Room, mais tout le monde sait qu'ils se sont réunis.
14:46
Euh, le vice-président, le procureur, d'ailleurs, le procureur général des États-Unis a été victime du Watergate comme les autres, embarqué, le conseiller à la sécurité nationale.
14:54
Non, non, ça, c'est une revisite de l'histoire de sous-estimer ce qu'a été le Watergate.
14:57
Mais c'est un mini Watergate ou c'est un deuxième Watergate.
15:00
Mais c'est un Watergate qui est culturellement très différent.
15:03
Donald Trump a créé les conditions de ces fuites.

9 MINS LATER

23:52
Est-ce que c'est, c'est le prolongement de ce que dit Vincent Hugeux à l'instant ?
2:20
Vincent Hugeux, que dire de ce trait d'humour du roi qui a fait rire la salle ?
2:26
Oui alors là, on a vraiment un archétype de l'understatement, l'euphémisme ironique à la British.
2:33
Ce qui est assez cocasse, c'est qu'il y a là une référence aux origines et à l'histoire, tout comme Friedrich Merz, le chancelier allemand, il n'y a pas si longtemps, dans le bureau Oval, s'était offert le culot de faire don à Trump de l'acte de naissance de son grand-père en Allemagne, prénommé lui aussi Friedrich d'ailleurs à l'époque, il était natif de Karlstadt en 1869, ce qui était aussi une manière assez subliminale et subtile de lui rappeler qu'il avait, volens nolens, des racines européennes.
3:06
Ce qui est très très drôle aussi dans le numéro de claquette de Charles III, c'est qu'à un autre moment, il fait référence à la salle de bal.
3:15
Vous savez, cette sorte d'extension kitchissime que Trump veut s'offrir à la Maison Blanche en disant que nous, vous savez, on s'est occupé de votre immobilier en 1814 quand les Britanniques ont tenté d'incendier la Maison Blanche de l'époque.
3:28
Et il y a encore plus drôle et à mon avis plus subtil, je ne suis pas sûr que la bande passante intellectuelle de Trump lui ait permis de capter cette référence.
3:36
Il rappelle aussi la Boston Tea Party.

16 MINS LATER

19:16
Mais il y a cette dimension qu'il fallait souligner.

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